Découvrez notre nouvelle exposition jusqu'au 14 février 2027 !

Ouvert aujourd'hui · 10h - 18h · 12 rue Cortot, 75018 Paris
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Les collections

Les collections

Les collections permanentes ont été formées par la Société d’Histoire et d’Archéologie Le Vieux Montmartre, fondée en 1886 et reconnue d’utilité publique en 1967. Depuis 1960, ses collections sont présentées au Musée de Montmartre et bénéficient du label Musée de France depuis 2003.

La Société a constitué au fil des années, essentiellement grâce à des dons, des legs et des dépôts, une collection de plus de 6 000 oeuvres d’art : peintures, sculptures, objets d’arts, estampes et photographies, illustrant l’histoire artistique, religieuse, politique, festive et folklorique de Montmartre. Des artistes tels que Théophile-Alexandre Steinlen, Henri-Gabriel Ibels, Adolphe-Léon Willette, Eugène Delâtre, Henri de Toulouse-Lautrec, Marie Laurencin, Suzanne Valadon ou Maurice Utrillo témoignent de la qualité des collections. 

Ces collections se complètent de plus de 100 000 pièces d’archives, portant en particulier sur l’histoire, les artistes, la vie à Montmartre, les bals et cabarets, avec un fonds spécifique consacré à la chanson française tout à fait remarquable, une bibliothèque de 3 000 ouvrages et une abondante documentation. 

En savoir plus sur Le Vieux Montmartre ici

La création d’une nouvelle scénographie a permis de repenser le parcours des collections permanentes en 2013 : le visiteur y découvre l’histoire de la Butte, l’effervescence artistique de ses ateliers, du Bateau-Lavoir à l’atelier Cortot, et l’ambiance de ses célèbres cabarets, du Lapin Agile au Moulin Rouge. Une salle met notamment en scène le théâtre d’ombres d’Henri Rivière, cet exceptionnel décor onirique de plaques de zinc qui a fait la réputation du cabaret du Chat Noir. 

Ces collections vous font plonger dans l’histoire de Montmartre. Au cours du XIXe siècle, le paysage de Montmartre commence à se transformer et il est rattaché à Paris en 1860 : c’est désormais la ville qui s’impose à la campagne. Les artistes s’y installent à partir de 1870. Les cafés et cabarets se multiplient dans les années 1880. Rapidement, ce qui caractérisera Montmartre aux yeux de tous c’est l'effervescence et l'énergie de création.

Un nouvel accrochage consacré à l'acquisition de nouvelles œuvres au musée, parmi lesquelles on retrouve les œuvres d'André Utter et de Maximilien Luce, invite le public à plonger son regard sur ce patrimoine commun qui s'est façonné autour de la Butte.


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Les moulins à Montmartre

Les moulins et les meuniers font la légende de Montmartre, nostalgie d'un monde disparu. Ce n'est pas un hasard si le plus connu des cabarets dans le monde a pris le nom de Moulin Rouge alors que les ailes des moulins de Montmartre ne tournaient plus depuis le milieu du XIXe siècle.

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Jadis, on dénombrait jusqu'à une trentaine de machines éoliennes dans les environs de Montmartre. Quatorze étaient situées sur les hauteurs de la Butte. Le Moulin Vieux (1529), comme son nom l'indique, est le premier d'entre eux. 

Sur la colline de Montmartre, ces moulins à vent produisaient la farine pour les boulangers parisiens et broyaient les pierres à plâtre extraites des carrières, le raisin issu des vignes, et divers ingrédients pour les marchands de couleurs ou les parfumeurs.

A la fin du XVIIe siècle, l'extension de la vigne participe à la disparition des terres plantées en céréales, et les moulins s'adaptent progressivement aux nouvelles activités locales, notamment à l'essor des carrières de plâtre, nombreuses à Montmartre au XVIIIe siècle. Au milieu du XIXe siècle, les moulins de la Butte cessèrent leurs activités pour plusieurs raisons. Victimes du progrès, de l'expansion urbaine et du développement industriel, la plupart des moulins disparurent, comme le Moulin Vieux laissé à l'abandon vers 1850 ou le Moulin de la Lancette tombé en ruines puis démoli en 1836.

Seuls le Moulin Radet et le Blute-Fin ont été préservés grâce à l'ingéniosité de leur propriétaire qui leur donna une seconde jeunesse, les adaptant à une nouvelle fonction en 1870. Le meunier Nicolas-Charles Debray rapprocha les deux moulins et y ajouta une guinguette et un bal. Ce Moulin de la Galette restera le symbole de la transformation de Montmartre à la fin du XIXe siècle, métamorphosant son monde rural en un monde du spectacle et des loisirs.

Montmartre a connu plusieurs transformations tout au long de son histoire

Au Moyen Age, une abbaye, fondée au XIIe siècle, domine le paysage avec ses vignes et ses quelques moulins. Progressivement, les meuniers s'installent sur la Butte et l'exploitation des carrières de gypse s'intensifie. C'est véritablement au XIXe siècle que le paysage de Montmartre commence à se transformer. Les moulins cessent leur activité et les vignes disparaissent à cause de l'industrialisation ; de même, les carrières rendent la Butte vulnérable et ferment en 1860. Montmartre est alors officiellement annexé et intègre le XVIIIe arrondissement de Paris.

Dès lors, le quartier subira d'importants aménagements qui modifieront considérablement son apparence. La construction du Sacré-Cœur s'impose à Montmartre comme une insulte à son esprit révolutionnaire.

La transformation se poursuit avec la disparition du Maquis et la création de grandes avenues. Les artistes s'installent à Montmartre à partir de 1870 et les cafés et cabarets artistiques se démultiplient dans les années 1880. C'est désormais la ville qui s'impose à la campagne que fut toujours Montmartre.

Le maquis

La zone du Maquis était un immense terrain vague qui en 1890 s'étendait sur le versant ouest de la Butte : du Moulin de la Galette à la rue Caulaincourt, entre les rues Lepic et Girardon. 

Le Maquis était essentiellement composé de cabanes et d'abris de fortune entre lesquels serpentaient de minuscules ruelles en terre. Cet agglomérat anarchique était le résultat de la colonisation rapide dont Montmartre fit l'objet dès son annexion à Paris en 1860. La population y était aussi hétéroclite et bigarrée que ses habitations mêlant toutes sortes de personnes désargentées : artistes bohèmes, chiffonniers, prostituées, marchands des quatre saisons, marginaux et voyous en tout genre.

Les artistes Poulbot, Paco Durrio et Henri Laurens y habitent des pavillons en torchis entourés de jardinets envahis de lilas, de seringas, de cytises et d'orties. « Jean Renoir aimait s'y rendre, enfant, pour chercher des escargots ». Dominé par les moulins, un tel décor ne peut que séduire les peintres, parmi eux Steinlen, Kupka, Maclet, Quizet et Leprin.

La réputation du Maquis va bientôt être à l'origine de sa perte et attirer les promoteurs. Les habitants sont petit à petit expropriés ou expulsés. Un incendie fait disparaître les dernières bicoques au profit du percement de l'avenue Junot de 1909 à 1912.

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La commune (18 Mars - 28 Mai 1871)

C'est à Montmartre que débuta un événement majeur de l'histoire de France : la Commune. En septembre 1870, la défaite des troupes de Napoléon III face à la Prusse entraîna la chute du Second Empire. 

Deux jours plus tard, la IIIe République fut proclamée et, autour de Gambetta, se forma un gouvernement de Défense nationale. Mais le 18 septembre, l'armée prussienne encercla Paris. Le siège de la capitale dura plusieurs mois et affama les Parisiens. Face à l'incapacité du pouvoir à restaurer une autorité institutionnelle et réfutant la signature d'une paix jugée humiliante, les Parisiens se rebellèrent et s'organisèrent en clubs révolutionnaires.

La révolte s'amplifia et le 26 mars, la Commune fut proclamée à Montmartre. Ce fut une expérience révolutionnaire sans précédent durant laquelle furent prises des mesures des plus modernes comme la création de l'école laïque, gratuite et obligatoire, la séparation de l'Église et de l'État, l'égalité des salaires hommes-femmes, la réquisition des logements vacants ou encore la citoyenneté des étrangers.

L'aventure ne dura pourtant que deux mois pour s'achever durant la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871 qui fit des milliers de morts dans les rangs des communards. Les insurgés survivants furent victimes d'une répression féroce. Louise Michel fut l'une d'entre eux. Cette institutrice dont l'engagement progressiste précéda les événements de la Commune, prit la tête du Comité de Vigilance des Femmes de Montmartre, et durant la Semaine sanglante, elle se battit avec vaillance sur les barricades.

Le percement de l'avenue Junot (1909 - 1912)

Dès lors, le quartier subit d'importants aménagements urbanistiques qui modifièrent considérablement son apparence. Alfred Renaudin montre dans ses tableaux cette transformation et notamment la disparition du Maquis avec le percement de l'avenue Junot de 1909 à 1912. Cet événement a complètement métamorphosé l'aspect de cette partie de la Butte : les niveaux ont tous été changés et, outre la disparition du côté sud de l'impasse Girardon et du côté nord de l'impasse des Deux-Frères, le Maquis disparaît. Parmi les hôtels particuliers qui se bâtissent alors citons ceux de Tristan Tzara, de Jean-Gabriel Daragnès, de Francisque Poulbot, de Romain Delahalle ou de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. Les dernières constructions se terminèrent vers 1930.

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La construction du Sacré-Coeur (1875 - 1919)

Le 23 juillet 1873, une loi votée à l'Assemblée nationale décrète la construction de la basilique du Sacré-Coeur. 

Le projet fait l'objet d'un concours et c'est à l'architecte Paul Abadie, élève de Viollet-le-Duc, qu'est confiée la construction. Il réalise une église dans le style romano-byzantin. Six ans de travaux et de fondations préalables sont nécessaires pour solidifier le terrain fragilisé par les anciennes carrières de gypse (83 puits en béton de 38 mètres de profondeur reliés entre eux par des arcs). La première pierre est posée le 16 juin 1875 et la basilique est ouverte au culte en 1891. En 1900, la coupole est à peine achevée. L'église n'est consacrée qu'en 1919 et achevée en 1923.


L'abbaye de Montmartre (1133 - 1790) 

L'abbaye de bénédictines de Montmartre a été fondée par Louis VI et Adélaïde de Savoie, sa femme, en 1133-1134.
Placée sous la double protection du martyr de Paris, saint Denis, et de saint Pierre, l'abbaye était dotée de 13 hectares de terres encerclés par des murs.
L'église dédiée à saint Pierre était enchâssée dans l'abbaye. C'est dans la crypte du martyrium que saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus (les jésuites), aurait prononcé ses vœux de chasteté et de pauvreté. A la Révolution, entre 1790 et 1794, le monastère est détruit, les terrains sont partagés en lots, les biens confisqués et vendus aux enchères, les cloches fondues. Marie Louise de Montmorency-Laval en est la dernière abbesse. De ce lieu, il ne subsiste actuellement que l'église Saint-Pierre, consacrée en 1147 par le pape Eugène III. De pur style roman, elle est donc la plus ancienne église de Paris épargnée durant la Révolution, après celle de Saint-Germain-des-Prés.


Les carrières

Durant la première moitié du XIXe siècle, l'exploitation des carrières creusées à flanc de coteaux fut florissante. 

L'extraction du gypse se faisait à ciel ouvert ou en galeries souterraines. Cette roche était ensuite transformée en un plâtre très fin dans les fours à plâtre alors nombreux aux abords de la Butte. Servant à la réalisation de moulages, le plâtre de Montmartre fut si abondamment utilisé dans les constructions de la capitale qu'on eut coutume de dire qu'il y avait « bien plus de Montmartre à Paris que de Paris à Montmartre ».

L'exploitation intensive des carrières a fini par rendre la Butte vulnérable au point qu'elle risqua de s'effondrer. C'est pour cette raison qu'à partir de 1860, les extractions cessèrent progressivement et la plupart des carrières furent consolidées.

Le premier chat noir (1881 -1885)

Annoncé comme un “Cabaret Louis XIII, fondé par un Fumiste”, le premier Chat noir fut inauguré en novembre 1881.

Il était situé au 84, boulevard Rochechouart, dans un ancien bureau de poste. En rénovant le local, Salis suivit une pratique architecturale répandue à Paris, qui consistait à s'inspirer de la France médiévale ou de la Renaissance rabelaisienne. Le mobilier du Chat Noir, de style Louis XIII pseudo-gothique, témoignait de cette nostalgie pour la France rabelaisienne. Pour l'intérieur, Eugène Grasset dessina des lustres en fer ; Adolphe Willette créa l'enseigne emblématique du cabaret : un chat noir sur un croissant de lune.

Le cabaret était assez petit. Ses deux pièces étroites, l'une derrière l'autre, ne pouvaient recevoir qu'une trentaine de personnes. Peintres, écrivains et musiciens étaient les habitués du lieu. En janvier 1882, Salis lança la promotion audacieuse de son cabaret dans le journal Le Chat Noir : « Le Chat Noir est le cabaret le plus extraordinaire du monde. On y côtoie les hommes les plus illustres de Paris, qui s'y rencontrent avec des étrangers venus de tous les coins du globe... C'est le plus grand succès de l'époque ! Entrez !! Entrez !!! ».

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Ailleurs ! D'Henri Rivière (1864 - 1951)

La contribution la plus importante et la plus reconnue du Chat Noir fut son formidable Théâtre d'ombres, créé en 1886 par Henri Rivière et Henry Somm. Ce célèbre théâtre d'ombres était réalisé à partir de plaques de zinc et de lumières colorées.

La scène en miniature était dotée d'un écran d'un mètre carré environ avec des coulisses en saillie sur l'arrière du bâtiment. Le système consistait à placer les ombres découpées dans du bois ou du zinc entre un écran et une source lumineuse. Chaque scène pouvait être animée à l'aide de figurines indépendantes. Dans les premiers temps, un pianiste improvisait en fonction des tableaux tandis que Rodolphe Salis commentait l'action. Par la suite, l'improvisation céda le pas à une écriture plus rigoureuse.

La pièce Ailleurs !, sous-titrée « Revue Symbolique », créée en 20 tableaux, est présentée au théâtre du Chat Noir le 11 novembre 1891. Elle est issue d'une collaboration entre Henri Rivière (décors), Maurice Donnay (textes) et Charles de Sivry (musique). Deux personnages reprennent les actualités de l'année écoulée, dans une promenade fantastique : le « compère », qui n'est autre que Voltaire, représente le spectateur naïf ; à ses côtés, la « commère », alias le poète Terminus et dont la silhouette rappelle celle de Paul Verlaine, le guide au cours de cette épopée imaginaire.

La restauration des décors a été réalisée en 2015 grâce au soutien de la DRAC Ile-de-France.


Les affiches

Les artistes de Montmartre ont joué un rôle fondamental dans la production d'affiches à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. 

Les techniques et procédés de reproduction récents offrent aux artistes une nouvelle forme de création et leur procurent non seulement une source de revenus, mais aussi une forme de diffusion de leur esthétique moderniste. Par sa facture spontanée efficace, l'affiche est destinée à faire la réclame des cabarets, des concerts, des spectacles divers à Montmartre, mais aussi la publicité des revues, comme La Lanterne, des livres comme Guide de l'étranger à Montmartre (1900).

La prolifération d'affiches dans la capitale favorise les commandes et des artistes comme Steinlen, Grün ou Toulouse-Lautrec s'adonnent à ce genre de productions.

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Le second chat noir (1885 - 1897)

Le Chat Noir, fondé par Rodolphe Salis, fut le premier cabaret littéraire, artistique et musical d'avant-garde à Paris. 

En 1885, le succès grandissant du Chat-Noir contraignit le cabaret à quitter les boulevards pour investir un espace de trois étages, situé 12 rue Laval (actuelle rue Victor-Massé). À l'entrée de ce second établissement se trouvait une pancarte qui exhortait le passant à être « moderne » !

Le Chat Noir était un lieu d'innovation où les soirées constituaient un mélange imprévisible de chansons et de boniments, avec le Théâtre d'ombres comme principale attraction. Pour la première fois, un piano fut autorisé par la police. Les pianistes s'y succédèrent : Paul Delmet, Erik Satie, Claude Debussy et Gustave Charpentier y composèrent également leurs musiques.

Le Chat Noir était surtout un lieu de rencontre des arts. Songeant au rêve wagnérien de « l'œuvre d'Art Totale », Rodolphe Salis encourageait la collaboration littéraire, artistique et musicale dans son cabaret. Le Chat Noir édita un journal, publia des romans, organisa des ventes de tableaux et lia les artistes comme Auriol, Steinlen, Rivière ou Willette à des poètes et des musiciens devenus célèbres. D'autres cabarets artistiques suivirent l'exemple du Chat Noir, comme le Divan Japonais, L'Âne Rouge, le Café-concert des Décadents ou le Quat'z'Arts, contribuant ainsi à ouvrir une nouvelle page dans l'histoire des avant-gardes artistiques.


Théâtre d'ombres du Chat Noir

Le Théâtre d'ombres, créé en 1886 par Henri Rivière et Henry Somm devint l'élément qui illustrait le mieux le credo du Chat Noir selon lequel il fallait être « moderne » avant tout.
A la fin de 1887, avec la Tentation de Saint-Antoine, Rivière était parvenu à transformer un petit spectacle d'ombres en une production artistique extraordinairement technique et élaborée. Ces spectacles d'une complexité nouvelle possédaient en germe les caractéristiques essentielles de ce qui deviendrait le cinéma : le mouvement, la couleur et le son (musique et voix).
Les pièces produites au Chat Noir pouvaient traiter de sujets incroyablement divers, allant de la geste napoléonienne telle que narrée dans L'Epopée (1886) de Caran d'Ache, à l'humour fumiste le plus débridé, comme dans Le Fils de l'eunuque (1888) de Somm, en passant par des œuvres mêlant réalisme et fantaisie avec La Tentation de Saint-Antoine de Rivière (1887), ou encore mettant à l'honneur le symbolisme le plus sérieux, par exemple dans le mystère religieux La Marche À l'Etoile (1890) de Rivière et Georges Fragerolle.
Les productions élaborées par Rivière nécessitaient la collaboration de douze mécaniciens et de nombreux amis et confrères scénaristes, chanteurs, musiciens et assistants techniques.Texte


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Autres cabarets

D'autres cabarets artistiques suivent l'exemple du Chat Noir et prolifèrent à Montmartre dans les années 1880 et 1890 : le Divan Japonais (1883-1900), L'Ane Rouge (1890-1905), le Concert des Décadents (1893-1896) ou le Cabaret des Quat ZArts (1893-1914).

Chacun de ces cabarets a sa particularité : le Divan Japonais est imprégné de culture asiatique ; le Concert des Décadents abrite des expositions d'artistes à la marge ; le Cabaret des Quat'Z'Arts crée un mur-journal où toutes les formes d'expression sont permises et Le Mirliton attire les curieux qui souhaitent voir le provocateur chansonnier Aristide Bruant.

Mais malgré leurs singularités, ces différents cabarets prennent tous pour modèle le fameux Chat Noir, gardant cet esprit moderne et ouvert à la nouveauté, créant comme lui des revues ou les arts cohabitent, et offrant des espaces propices aux rencontres artistiques, littéraires et musicales dans une ambiance d'effervescence et de liberté intellectuelles. Ces cabarets sont aussi souvent décorés par les artistes qui les fréquentent, tels que l'ont fait Adolphe Léon Willette, Jules-Alexandre Grün ou encore Joseph Faverot.


Les artistes du 12-14 rue Cortot

Avant d'abriter le Musée de Montmartre, le 12-14, rue Cortot formait un ensemble d'ateliers dans la seconde moitié du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. 

Durant cette période s'y sont succédé des artistes considérés aujourd'hui comme majeurs dans l'histoire de l'art moderne : Pierre-Auguste Renoir, Maximilien Luce, Raoul Dufy, Othon Friesz, Charles Camoin, Emile Bernard, Francisque Poulbot, Démétrius Galanis ou encore le « Trio infernal » formé par Suzanne Valadon, André Utter et Maurice Utrillo.

Plus qu'y habiter, ils ont souvent représenté les lieux ou ses jardins, devenus des sujets de leurs expérimentations formelles novatrices. Alors que Montmartre s'impose au tournant des deux siècles comme la nouvelle capitale des arts, ces ateliers offraient ainsi une localisation idéale en plein cœur de ce haut lieu de création. Nombre d'artistes, de tous horizons, s'y installent, s'y croisent et échangent entre eux dans un contexte de partage et d'émulation. L'ensemble d'œuvres montré ici présente ces illustres habitants, qui ont fait de ces lieux de véritables ateliers mythiques.

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Nouvelles acquisitions

Les œuvres du musée de Montmartre et de la collection Weisman & Michel dialoguent autour d'un même territoire artistique: Montmartre, foyer d'expérimentations et de modernité à la charnière des XIXe et XXe siècles.

Fondée en 1886, la Société d'Histoire et d'Archéologie Le Vieux Montmartre a constitué un ensemble exceptionnel de plus de 6 000 œuvres d'art et 100 000 documents d'archives.

Présentées depuis 1960 au musée de Montmartre, ces collections, reconnues « Musée de France » depuis 2003, relèvent d'un principe d'inaliénabilité qui garantit leur transmission aux générations futures. Elles témoignent d'une politique d'acquisition motivée par la préservation d'un patrimoine commun, où chaque œuvre s'inscrit dans une mémoire collective.

Aux côtés de cet ensemble institutionnel, la collection américaine réunie par David E. Weisman et Jacqueline E. Michel offre un regard complémentaire. Constituée au gré des affinités et de la sensibilité d'un couple, elle répond également à une ambition d'ordre académique : réunir un ensemble cohérent apte à rendre compte de la création artistique à Montmartre entre 1880 et 1930. Elle propose ainsi un portrait de l'âge d'or de la Butte, saisi par les artistes qui ont contribué à sa renommée.

Réunies dans un dialogue ouvert entre fonds muséal et collection privée, ces œuvres récemment acquises reflètent des parcours distincts mais convergents autour de Montmartre.

L'accrochage de cette salle, régulièrement renouvelé, invite à découvrir une histoire en devenir, façonnée par une pluralité de regards, entre mémoire patrimoniale et passion de collectionner.

Pratique

  • Ouvert tous les jours de 10h à 18h
    Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture du musée


  • Tarifs : de 9€ à 16€