Actuellement
16 octobre 2026 → 14 février 2027
Pendant près d’un siècle, de 1873 à 1972, le cirque fait battre le coeur de Montmartre. À quelques pas des ateliers du Bateau-Lavoir, le Cirque Fernando, devenu par la suite le Cirque Medrano, s’impose comme l’un des hauts lieux de la vie parisienne. Derrière les prouesses des acrobates, l’éclat des costumes et la magie de la piste, des générations de peintres découvrent un terrain d’expérimentation sans équivalent.
![]() Marc Chagall, Esquisse pour Le Grand Cirque,circa 1956, pastel, lavis de gouache, encre de Chine et graphite sur papier vélin, 44,5 x 65,5 cm,coll. part. © Archives Marc &Ida Chagall - Paris, ADAGP, 2026 | Degas, Seurat, Toulouse-Lautrec, Picasso, Chagall, Rouault, Léger et bien d’autres y trouvent bien davantage qu’un divertissement : un espace où s’inventent de nouvelles façons de regarder, de représenter le mouvement et de penser la modernité. Longtemps, l’histoire de l’art moderne s’est construite autour des ateliers d’artistes, des manifestes théoriques et des grands courants esthétiques qui ont marqué son évolution. Le musée de Montmartre invite à en explorer une autre histoire, plus inattendue : celle du cirque comme creuset de la création. À travers un parcours chronologique scindé en quatre temps, l’exposition révèle comment le cirque a profon-dément nourri l’imaginaire des artistes et contribué à façonner les grands bouleversements esthétiques des XIXe et XXe siècles. Les sections se succèdent afin de présenter au visiteur l’atmosphère populaire du cirque, ses artistes qui ont habités la piste mais aussi ceux qui ont fréquentés ses bancs. Ces mêmes artistes qui sont maintenant des témoins de la théâtralité du spectacle circassien et présentent le cirque comme un véritable réservoir de formes et de figures, dont la vitalité continue d’irriguer la création artistique du XXe siècle. |
À travers un parcours chronologique réunissant peintures, sculptures, dessins, affiches, costumes et objets exceptionnels, l’exposition met en lumière le rôle déterminant joué par le cirque dans l’élaboration des langages plastiques de la modernité. À Montmartre, le Cirque Fernando, devenu Cirque Medrano en 1897, constitue en effet un véritable laboratoire de nouvelles esthétiques où se croisent de nombreux artistes de tous horizons, fascinés par l’énergie de la piste et les figures qui l’animent. Dès les années 1870, Georges Seurat trouve dans le cirque un sujet d’observation privilégié. Henri de Toulouse-Lautrec y puise une inspiration constante avant que Pablo Picasso, Fernand Léger, Marc Chagall ou Georges Rouault ne s’emparent à leur tour de cet univers fascinant. La diffraction de la lumière portée par l’arrivée de l’électricité, le mouvement des corps, les costumes chatoyants et la circularité de la piste nourrissent alors des recherches artistiques qui participent pleinement à l’essor de l’art moderne. | ![]() Pablo Picasso, Le Fou, 1905, bronze, 41,5 x 36,5 x 22 cm, Fondation Pierre Gianadda Martigny © Heinz Preisig |
![]() Othon Friesz, Les Acrobates, 1908, huile sur toile, Paris collection Larock-Granoff© Collection Larock-Granoff | Le cirque dépasse largement sa fonction de spectacle pour devenir un véritable lieu d’expérimentation artistique. Dans ce « pays des cercles en action », selon l’expression de Fernand Léger, les frontières entre spectacle et création s’effacent au profit d’un dialogue fécond entre les arts. Le saltimbanque devient une figure allégorique de l’artiste moderne, tandis que la piste elle-même semble préfigurer certaines des grandes révolutions esthétiques du XXe siècle. De la place de Clichy au boulevard Rochechouart, des baraques foraines à l’Hippodrome de Montmartre et au Cirque Medrano, c’est tout un territoire de spectacles et d’innovations qui accompagne l’émergence de nouvelles sensibilités artistiques. |
En effet, c’est tout un territoire de spectacles et d’innovations qui accompagne l’émergence de nouvelles sensibilités artistiques.
À travers cette exposition, le musée de Montmartre rend hommage à un patrimoine artistique et populaire exceptionnel. Révélant ainsi comment, sous les chapiteaux de la Butte, s’est élaborée une part essentielle de l’art moderne.
Dans la presse
"En piste à Montmartre !
Paris, fin du XIXe siècle : la Ville lumière se dote de nouveaux lieux de spectacle et plus particulièremen d’un cirque, au pied de la butte, boulevard Marguerite-de-Rochechouart. Durant près d'un siècle, d’Edgar Degas à Fernand Léger, tous les artistes de l'avant-garde vont alors s’y précipiter, fascinés par les acrobates, écuyères, clowns et contorsionnistes évoluant dans la lumière artificielle. Une source d'inspiration qui subsiste jusque dans les années 1950 et la disparition progressive des cirques de la capitale. La fête est finie." - S. Bl., Connaissance des Arts, septembre 2026


